|
Ç'eau-dah Pouah-çon
Samedi 27 décembre 2003
désormais, on peut me lire au www.livejournal.com/users/alibabiche/
n'oubliez pas le boxing day
Jeudi 18 décembre 2003
j'ai comme une espèce de tumeur au coeur qui semble grandir davantage jour après jour et ça s'traduit en une immense envie d'enfoncer ma main au fond de ma gorge, puis de me vomir les trippes pour ne plus qu'elles ne me fassent mal. tout est flou, tout donne mal à la tête et me gruge de l'intérieur, petit à petit, je meure. c'est peut-être le prix qu'le destin me fait payer pour souhaiter une nouvelle vie. car avant d'en débuter une nouvelle, il semble qu'il me faille mourir de la première.
et moi, ici-bas, je pleure jusqu'à en avoir la gorge sèche, car je n'savais que mourir faisait si mal. mais dans ma tête, le doute persiste. et si je m'tromperais et qu'le destin était incapable de créer la mort artificielle? moi, aurais-je la force, après m'avoir inventé et souffert d'un simili-cancer, de me créer une seconde naissance?
Dimanche 14 décembre 2003
Je ferme les yeux, et je me vois, là-bas, ici, tout près, à l'autre bout de la terre. Je me vois, moi, mon visage, mes pieds, mes mains, ma tête come dans un miroir tout embué. je me vois, perdue dans un immense jardin qui respire la vie, ou dans un jardin qui a l'a jadis connue, je n'sais plus. je me vois, là-bas, si près, si loin de ces gens qui vivent la vie à 100%,et qui la savourent doucement par moment, si conscients de toute la beauté du monde. je me vois, étourdie, ennivrée, la langue qui pend par terre, la rage au coeur et la pollution dans le sang, je me vois, les mains sur les oreilles, tentant de toutes mes forces de me frayer un chemin dans toute cette cohue de gens gris et inconscients qui se croient blancs et conscients. je cherche si fort la vie que j'en grisonne et c'est à s'en demander si tous ces gens gris ne m'influencent pas à souhaiter la mort.
Samedi 13 décembre 2003
L’homme déambulait entre les rayons du supermarché, un panier métallique à la main. Il n’aurait pas pu utiliser un caddie car le sol était jonché de marchandises et de débris divers. La musique d’ambiance allait un peu fort. Elle compensait l’absence de bruit, l’absence de vie.
La musique d’ambiance allait un peu fort, effectivement, c’était le cas de le dire. Et notre monsieur qui avait pris l’habitude de rester zen face aux problèmes d’odeurs nauséabondes qu’avaient laissées derrières elles les ambitions humaines des siècles derniers devenait de plus en plus colérique, minute après minute. Et quand le toit lui chia un liquide visqueux sur la cervelle, ce fut le début de tout.
Il est difficile de définir en mots ce que représentait « tout », surtout en cette époque où les hommes avaient trouvé ce qui est bon, ce qui est mauvais, ce qui sentait aussi bon que Chanel numéro 265 ou ce qui puait la pourriture, car, malgré la technologie, elle existait encore. Mais le « tout » de ce monsieur débuta par un drastique changement de perception sur la vie. La pluie qui tombait sur sa tête devint plus mouillée, à lui qui ne s’en formalisait plus. L’odeur de sa crasse lui leva le cœur, à lui qui ne s’en formalisait plus. Et le pire, oh! Le pire! Le regard des autres. Méprisant, à lui qui ne s’en formalisait plus, mais qui s’en formalisa à partir de maintenant.
En fait, « tout » ne constituait pas nécessairement un opinion pessimiste, comme il l’avait jadis cru à l’époque où il ne se doutait point qu’une telle chose lui arriverait un jour. Monsieur devint tout exalté à l’idée de douces petites ambitions qui se baladaient à l’intérieur de sa tête. Ah! Comme il aurait aimé plonger la main dans la poche de son vieux pantalon et faire tinter joyeusement des dizaines et des dizaines de pièces de monnaie. Ah! Comme il aurait été jouissif que les gens le regardent regarder les petits garçons qui le regardaient, tout impressionnés, comme s’il portait dans ses poches tout le pouvoir du monde.
Quand il annoncerait à tous ce que « tout » avait apporté en lui, la gloire lui tomberait littéralement sur la tête, l’assommant d’un coup de joie. Dieu ferait qu’il devienne président des États-Unis. Dieu ferait qu’il obtienne le pouvoir d’implanter sa conscience dans les cerveaux et d’agrandir d’avantage tous les supermarchés puants. Il le sut, en ce moment précis.
En un violent coup de vent, le troupeau bruyant de mouettes se dirigea vers un autre amoncellement de déchets. Notre itinérant enleva le petit cadeau qu’une d’elles lui avait laissé sur le coco, empoigna son panier métallique et quitta le dépotoir, jugeant qu’il avait trouvé assez pour se nourrir aujourd’hui mais que, de toute manière, il avait assez de cette misère chronique.
Trois ans plus tard, notre monsieur n’était toujours pas président des Etats-Unis, mais il conduisait une BMW et était devenu un mouton comblé. Il vécut heureux et eût beaucoup d’argent
Samedi 13 décembre 2003
il me faudrait dresser une liste des choses importantes à faire et que cette liste contienne en premier ou en deuxième lieu, prendre des cours de communication verbale pour améliorer la qualité de mes relations humaines.
je m'exprime formellement car j'ai un formel besoin (si je veux que mes plans de vie non plannifiée fonctionnent) d'exprimer le mal qui me ronge, qui m'rend morte et qui me tuera si j'ne dis point mot, comme les choses qui exaltent et réchauffent le coeur. j'ai un formel besoin qu'les gens qui m'enbalent puisse apprendre petit à petit ces choses de moi et j'ai un formel besoin d'leur exprimer pour qu'il comprennent à quel point ils me réchauffent le coeur.
Vendredi 12 décembre 2003
ça peut pas être que ça. c'est impossible que ça n'soit que ça. des tas d'gens mourraient si ç'n'était que ça. je mourrais si ç'n'était que ça. des tas d'gens survivent dans l'espoir que ça soit plus que ça. je survis grâce à l'attente du plus que ça .
ce sera plus que ça.
Jeudi 11 décembre 2003
une fille sympathique / m'a donné un narcotique / en suivant bien son adage / je découvre des mirages / mais une chose m'ennuie / c'est une fille étourdie / qui se mêle volontairement / à la fête d'un enterrement.
alaska
Mercredi 10 décembre 2003
le noir est plutôt frais / candeur peut-être que je devrais / rester, accrochée après elle / le noir est plutôt frais / candeur peut-être bien que je vais rester, accrochée / après elle / je ne suis plus où je croyais être / illusion d'un air de fête / mais les sourires sont éphémères / et les dos tournés se moquent / et tout le monde le sait / je ne prononcerai plus un trêtre mot / mais toi dis-moi / où je t'emmène / le noir est plutôt gris / candeur / je crois que je suis restée accrochée, après elle.
jorane
Mercredi 10 décembre 2003
tout en elle dégageait de l'égocentrisme. quand elle respirait, c'était pour elle-même. quand elle parlait, c'était pour elle-même. quand elle marchait, c'était pour elle-même. quand elle pensait aux autres, c'était pour elle-même. quand elle riait, c'était pour elle-même. quand elle riait. parlons-en. c'était comme si une grosse dinde se mettait à glousser son égoïsme.
Mardi 9 décembre 2003
j'en ai assez, comme ça, soudainement, tout à coup.
Dimanche 7 décembre 2003
j'ai soixante-douze ans, suis une petite dame et fréquente le club de l'âge d'or de mon cartier qui me permet d'avoir une vie sociale. à mon âge, trop de personnes âgées - je hais si tant cette expression, personne âgée sonne comme "personne handicapée", "personne ayant une déficience intellectuelle", "bébé ne sachant pas marcher" comme en signe de faiblesse physique, psychologique, sociale et émotionnele - alors je disais trop de personnes "de mon âge" se trouvent seules et abandonnés pour que je songe à ne plus fréquenter l'unique lien entre moi et mes petites copines avec qui je prend des marches, je vais à la messe et je regarde les photos de mes petits enfants, lien entre le passé et le présent dans ma petite tête dont les cellules grises se détériorent chaque jour d'avantage.
lors de journées comme celles d'aujourd'hui, j'entreprends de faire une balade à pieds avec mon amie suzanne de l'âge d'or. lors de journées comme celles d'aujourd'hui, il fait froid, on gèle y'a pas qu'l'hiver qui est cruel. lors de journées comme celles d'aujourd'hui, nous avons beau avoir revêtu nos capines, nos chaudes petites bottes et nos manteaux en vision, témoignage de la décennie passée qui fut si jolie mais passée comme le dit l'expression "décennie passée". le vent souffle, si froid et si glaçant pour nos joues gauchement barbouillées de fard à joue de couleur avon #7. le vent souffle et le sol glisse, nos bottes n'étant pas munies de crampons comme le sont aujourd'hui garnies la plupart de celles vendues dans les boutiques de sport ultra-performantes qu'a l'habitude de fréquenter mon fils richard. le vent souffle, et décoiffe les cheveux qu'il me reste que mademoiselle marie-hélène du salon de coiffure chez marie-hélène a l'habitude de coiffer chaque semaine. le vent souffle, les enfants courent dans la rue à la recherche de je ne sais quoi. les enfants courent et bouleversent ma conscience. et je ne sais pas pourquoi, je n'ai pas l'habitude de me poser ces questions.
Vendredi 5 décembre 2003
il y a aujourd'hui quatorze ans que je suis morte. je me souviens comme si c'était hier, de ce que j'étais à l'époque : jeune, jolie, passionnée, intelligente, ambitieuse et, par dessus tout, j'étais culottée. car malgré toutes la pression psychologique qu'on me mettait sur les épaules, j'étudiais pour devenir ce que je souhaitais être. j'avais une famille, des amis et j'avais aussi des valeurs, des croyances, une personnalité. j'étais convaincue que l'on est toujours récompensé par ses efforts. et c'était pour cette raison que je travaillais dur. je croyais au destin et étais convaincue que le mien était de me rendre au bout de mes rêves. j'étais convaincue que les gens qui font du bien finissent toujours par récolter ce qu'ils sème et que ceux qui faisaient le mal étaient un jour punis.
mais j'ai été assascinée. qu'avais-je fait pour mériter cela? peut-être qu'inconsciemment, en croyant faire le bien, je faisais le mal. jamais je ne le saurai. car je suis morte. le crime duquel j'ai été puni n'était pas un meurtre, une agression, une fraude, ni même un vol. non. bien sur, peut-être certains auraient pu être jaloux de mon talent et de l'avenir brillant qui m'attendait. malheureusement, aux yeux de celui qui m'a punie, ma seule vraie faute n'était pas de ma faute; j'avais un vagin.
et quand j'apprends qu'aujourd'hui, en 2003, quatorze ans plus tard, certaines de mes soeurs sont encore exploitées, violées, torturées pour ce crime inconscient, j'ai l'impression que le sacrifice de ma vie n'a servit à rien. et j'ai peur pour elles, terriblement peur.
Mardi 2 décembre 2003
je marche dans la rue avec mes vieilles bottinnes qui font scouic scouic scouic dans la neige nouvelle imprégnée d'une magie nouvelle aussi. y'a une tête (la mienne) qui s'tourne vers une maison et entrevoit la tête d'un monsieur joli. y'a des pieds (les miens) qui continuent d'marcher et y'a une tête (la mienne) qui reste fixée là jusqu'à ce qu'elle soit dans un angle impossible et soit forcée de revenir par avant. mais c'n'est pas tout. des pieds (les miens) continuent à avancer pas après pas, mais s'immobilisent soudainement pour de nouver laisser les yeux d'la tête regarder au loin si l'monsieur pourrait bien appraraître dans une autre fenêtre.
et puis y'a une tête (la mienne) qui rit à l'intérieur d'elle même puisque c'est tout à fait cocassement pathétique. non mais.
Vendredi 28 novembre 2003
j'ai comme un grand sentiment amer semi dissimulé qui m'pousse à frissonner, à grelotter, à rien oublier et à tout pleurer..à piétiner mon chemin, à croire qu'le soleil est là-bas, toujours plus loin, toujours plus fort.
L'oxygène, j'la cherche, je l'espère avec tellement d'intensité, à l'aide de chaque sens, j'tente d'la percevoir, sans jamais en respirer les petites particules qui sont pourtant là, tout autour de moi.
pourtant je sais qu'les grands bols d'oxygène m'ennivrent à un point tel que je n'sais plus ce qui est réel, faux, bon ou mauvais. j'veux qu'tout tourne, qu'le temps existe plus et qu'les jolis monsieurs, les jolies madames, les couleurs et la musique m'étourdissent jusqu'à plus envie.
j'ai perdu mes lunettes, le chemin est tout brouillé. j'sais plus et j'ai peur.
Dimanche 23 novembre 2003
je transcrirais bien des tonnes de passage de le nez qui voque de réjean ducharme tant ils m'font rire, sourire, venir les yeux pleins d'eau tellement c'est joli, tellement c'est vrai, tellement c'est sincère et tellement ça reflète c'que j'vis et vis pas en ce moment (et là j'écris au je puisque j'suis pas dans la tête des ils pour pouvoir parler au ils et dire que tous vivent ceci ou celà...) mais j'réussirais pas à transcrire l'essentiel et j'aurais peur que ce que je jugerais l'essentiel exprimerait une idée différente de celle exprimée au départ, alors je m'abtiens, non sans dire que des jolis mots véritaires s'y trouvent.
puis j'm'exprimerais bien par écrit en écrivant les mots, les phrases, les paragraphes qui représentent tout ce qui m'passe par la tête, tout c'qui m'préoccupe, tout c'qui m'fait réfléchir, histoire de corder les idées et d'exprimer tous les liens possibles entre elles, mais j'y arrive pas. je me relis, et j'trouve ça purement pathétique, alors j'préfère pas m'exprimer sur quelque chose que je ne connais pas assez. je voudrais connaître tout, avoir un opinion sur tout pour pouvoir faire mener à quelque part discussions, mots écrits sur des bouts d'papier ou gribouillage par ci par là, que ça puisse vraiment exprimer quelque chose de concret ou du moins, un peu plus concret.
j'voudrais vraiment m'exprimer sur la petite joie en moi, parfois si peu tenace mais toujours présente, qui persiste à toujours s'manifester pour qu'j'loublie pas. j'ai beau en verser des larmes, j'ai beau en frapper des murs, la simplicité s'manifeste et j'pense à demain ; mes yeux grandissent. alors, j'pense aux gens qui existent et à ce qu'il y a à vivre et à construire, et je pense à ce que je pourrais créer.
Samedi 22 novembre 2003
j'voudrais être une personne forte et épanouie à la fois mais j'y peux rien, j'y arrive pas. j'ai besoin de tout démolir ce qui est déjà presque tombé pour faire de la place et commencer à bâtir quelque chose de nouveau et à mon image.
j'devrais lutter pour fortifier les murs des constructions à la place, eh oui c'est ce qu'on doit faire logiquement, mais je sais d'avance que j'le ferai pas. alors, j'attends le ok passivement.
ça me réjouit pas, mais paraît qu'le futur est proche
Mercredi 19 novembre 2003
j'en ai marre d'la race humaine qui, année après année, siècle après siècle, s'est inventée une intelligente qui en fait, n'existe peut-être pas. nous sommes des animaux, notre intelligence est donc basée sur l'instinct uniquement. l'instinct de survie qui consistait à rechercher chaleur, nourriture et repos comblée haut-la-main, notre lutte d'instinct de survie s'est transformé en lutte de pouvoir absolu. l'intinct de survie est passé à instinct de pouvoir, pour le meilleur et pour le pire.
la sincérité est morte et enterrée six pieds sous terres pour ne resurgir que lors de moments où l'instinct de survie refait surface et que nos besoins primaires ont réellement besoin d'être comblés.
Mardi 18 novembre 2003
j'arrive pas à vouloir trouver le sommeil puisque dans ma tête, je cherche quelque chose. quelque chose de grand, immense, mais subtile et minuscule à la fois. ça n'se touche pas, ça se sent, ça se constate inconcrètement, puis ça se trouve pas en ce moment.
je suis à la recherche d'une motivation à la volonté d'respirer.
Mercredi 12 novembre 2003
si j'devais en ce moment créer mon auto-portrait, bien j'ai l'impression que j'fabriquerais du jello violet aux raisin que j'écraserais sur un bout de papier et ce serait terminé.
voilà c'est moi.
Mardi 11 novembre 2003
j'ai comme les nerfs au bout des doigts. mes doigts dessinnent des étoiles dans l'air et peuvent plus vraiment s'arrêter. puis tout à coup j'décide de prendre mon index et d'le faire pianotter sur la table et là c'est comme tout un tic nerveux enclanché soudainement, inconsciemment, car les 9 autres se mettent à le copier avec de plus en plus d'énergie. puis voilà que tous mes tics nerveux surgissent en moi, tous en même temps.
j'ai comme un urgent besoin d'm'exprimer, mais tente de le refouler parce que j'ai à faire une tonne de choses pas si importantes que ça finalement. mais j'dois les faire, m'a dit madame logique.
j'essaie de lire mes livres d'école, successivement, sans résultats très valables, voilà. car paraît qu'en ce moment les mots, les informations, les faits ont qu'envie de tourner et d'plus arrêter, jamais.
Articles 1 à 20 sur 107
Pages: 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 |
|
|